La classe de 1MA (Première Métiers de l’accueil) a participé, cette année, à un projet en mémoire des victimes de la Shoah et d’autres génocides.
Durant l’année scolaire, les élèves ont retracé l’histoire et le parcours de Résistants (dont des Juifs) ainsi que de Justes qui ont sauvé des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale dont de nombreux musulmans.
Par groupe de 2, ils ont effectué des recherches sur les sites de Yad Vashem et du Mémorial de la Shoah sur ces personnes afin de réaliser une fiche biographique et de récolter un maximum d’informations.
Ils ont ensuite fabriqué et décoré des valises dans lesquelles ils ont inséré des objets, des lettres pour redonner vie à des individus dont certains ont été déportés et assassinés au camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau.
Epaulés tout au long de l’année par Francine MAYRAN (artiste peintre et psychiatre), à l’initiative de ce projet, et de leurs professeurs : Mmes DERGAM, AFKIR et M.MICHEL, ils ont réfléchi et travaillé sur les génocides et la notion d’exil, d’humanité et d’inhumanité.
Plusieurs temps forts ont été organisés :
1. Rencontre avec André Bauer, un rescapé de la Shoah
Le 28 janvier, André Bauer est venu rencontrer les élèves pour leur livrer son témoignage. Ce dernier a été arrêté avec toute sa famille, dans les Vosges, le 13 mars 1944, lors d’une rafle. Son père enrôlé dans l’armée française. Il est fait prisonnier ;il ne reverra son papa qu’en 1944.
Ils ont ensuite été conduits dans un camp d’internement, à Nancy, puis à Drancy.
Le 13 avril 1944 son grand-père, ses tantes et ses cousines ont été déportés à Auschwitz-Birkenau, par le convoi 71 où ils ont été assassinés. André Bauer âgé de 4ans et sa mère sont restés à Drancy et le 2 mai 1944 envoyés au camp de Bergen-Belsen par le convoi 80 réservé aux femmes et aux enfants des prisonniers de guerre.
Le 15 avril 1945, lorsque les Britanniques libèrent le camp, André Bauer est embarqué par les SS dans un train qui va errer durant 13 jours à travers l’Allemagne. Les SS abandonnent alors le train et André Bauer se retrouve dans un village en Allemagne.
C’est toujours avec beaucoup d’émotion dans la voix qu’il raconte son histoire et le destin tragique d’une partie de sa famille. Cette rencontre a marqué et beaucoup touché les élèves.
2. Représentation théâtrale
Le 27 février, la classe a assisté à une pièce de théâtre magnifiquement interprétée par la comédienne Elisabeth Sandra. qui relatait l’histoire d’une Juste : Elisabeth Eidenbenz. D’origine suisse, elle a été enseignante, infirmière et responsable de la maternité d’Elne. cette femme a sauvé plus de 600 bébés des griffes nazies, parmi eux : des Républicains espagnols, des Juifs et des Tsiganes. Elle se rendait dans les camps pour aller chercher les femmes enceintes et pour les faire accoucher.
Elle a obtenu le titre de Justes parmi les Nations en 2002.
A l’issue de la, représentation, les élèves ont eu pu échanger avec Mme Seror, dont la sœur a été cachée pendant presque deux ans dans la maternité d’Elne.
3. Un projet franco-allemand
Le 4 avril, la classe s’est rendue à Breisach pour rencontrer des lycéens allemands impliqués dans un projet similaire. La rencontre a eu lieu à l’Art Rhéna à Vogelgrun, et les élèves ont fait le déplacement avec une classe du lycée Kléber et du collège Saint Anne.
L’occasion d’exposer quelques valises, de découvrir le travail de tous les élèves et d’échanger sur leurs expériences et sur le projet. La journée s’est poursuivie par la visite de la maison bleue de Breisach-Am-Rhein, aujourd’hui lieu de mémoire dédié à l’histoire des Juifs dans la région du Rhin supérieur. La synagogue a été détruite par les nazis, et tous les Juifs envoyés au camp de Gurs, puis à Auschwitz-Birkenau, où ils été assassinés. Ils ont également visité le cimetière juif, en grande partie rasé par les nazis où ne subsistent que quelques tombes. Ce sont les seules traces qui témoignent de la présence des Juifs, dans cette commune, avant guerre.
Le soir, les élèves ont pleinement profité d’un moment festif en assistant à un spectacle de rap.
4. Voyage scolaire à Marseille et Aix-En-Provence
Du 23 au 25 avril, les élèves ont effectué un voyage scolaire à Marseille.
Ils ont visité le Mémorial des déportations et ont rencontré Albert Barbouth, un enfant caché. Ce dernier a longuement évoqué la vie des Juifs de Marseille, avant et durant la Seconde Guerre mondiale ainsi que la rafle du Vieux port, les 22, 23 et 24 janvier 1943 au cours de laquelle 6000 personnes ont été arrêtées, 1642 ont été déportées, dont 782 Juifs.
La journée du 24 a été consacrée à la visite du camp des Milles. Il s’agit d’une ancienne tuilerie dans laquelle furent internées, entre 1939 et 1942 plus de 10 000 personnes (originaires de 38 pays parmi lesquels de nombreux intellectuels et artistes) dans des conditions particulièrement rudes, fuyant les persécutions en Europe et en France.
Plus de 2000 hommes, femmes et enfants juifs ont déportés depuis le camp des Milles vers le camp de concentration net le centre de mise à mort de Birkenau, via Drancy et Rivesaltes. Ils faisaient partie des 10 000 Juifs de la zone « libre » ont été livrés aux nazis par le régime de Vichy puis assassinés dans le cadre de la « Solution finale ».
Entre septembre 1939 et juin 1940, les « sujets ennemis » y étaient internés, puis de juillet 1040 à juillet 1942, les « indésirables » (Juifs, Tsiganes, Républicains espagnols….), enfin d’août à septembre 1942, un camp de déportation des Juifs.
Transmettre la mémoire permet de lutter contre l’oubli, et de faire prendre conscience aux jeunes générations que le rejet de l’autre, le racisme, l’antisémitisme peuvent mener au pire.
Je suis convaincu que le camp des Milles sera un lieu important , très important pour les siècles à venir » Elie Wiesel, prix Nobel de la Paix.
Un grand merci à tous les élèves pour leur implication, leur enthousiasme et la curiosité dont ils ont fait preuve tout au long de l’année.
Un immense merci à Francine Mayran qui a mené ce projet d’une main de maître tout au long de l’année. Elle a su les intéresser en leur apportant quantité de connaissances, et éveiller leur conscience.
Un remerciement également à Sandra Butsch qui a porté le projet Outre-Rhin, et qui a organisé la journée à Breisach.












































